Prévenir les risques psycho-sociaux et accompagner les agents

Prévenir les risques psycho-sociaux, c’est agir pour de meilleurs conditions et relations de travail. Les agents publics peuvent subir du stress ou être exposés à de l’agressivité voire des violences dans le cadre de leur activité, par des acteurs internes ou externes. Ces situations de travail difficiles peuvent peser au quotidien, toucher individuellement la santé des agents et impacter le collectif de travail. Les employeurs doivent y être attentifs et mettre en place les mesures nécessaires à la prévention de ces risques psycho-sociaux (RPS). Les équipes du CDG proposent plusieurs dispositifs pour vous accompagner.

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Pour rappel, chaque employeur a l’obligation de veiller à la bonne santé physique et morale des personnes qu’il emploie.   

Risques psycho-sociaux (RPS), de quoi parle-t-on ? 

Les risques psycho-sociaux (RPS) correspondent aux risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d’emplois et les facteurs organisationnels et relationnels. 

  • Stress (déséquilibre entre les contraintes et les ressources) 
  • Violences externes (insultes, menaces, agressions, incivilités) 
  • Violences internes (harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés) 
  • Mal-être, souffrance 

  • Intensité et complexité du travail (exemples : inadéquation des moyens alloués avec les objectifs fixés, injonctions contradictoires, horaires longues ou atypiques…) 
  • Faible autonomie au travail (exemples : peu de marges de manœuvre, pas ou peu de participation aux décisions, peu de possibilité de développer ces compétences…) 
  • Rapports sociaux difficiles (exemples : relations difficiles avec les collègues ou la hiérarchie, pas de perception de reconnaissance au travail…) 
  • Exigences émotionnelles (exemples : devoir cacher ou maitriser ses émotions, avoir une attitude positive malgré les tensions avec le public, le contact avec la souffrance ou la détresse humaine…) 
  • Conflits de valeurs et distorsions entre ce qui est exigé au travail et les valeurs professionnelles, sociales ou personnelles de l’agent. 
  • Insécurité de la situation de travail (exemples : peur de perdre son emploi, contrat précaire, restructuration…)  

  • Maladie cardiovasculaire 
  • Dépression 
  • Anxiété 
  • Burn out (syndrome lié à un stress chronique au travail) 
  • Bore out (syndrome lié à un ennui profond au travail) 
  • Brown out (syndrome lié à une perte de sens dans le travail) 
  • Conduites addictives 
  • Risque suicidaire 

Des agents territoriaux exposés aux RPS

Les conditions de travail des collectivités territoriales présentent quelques spécificités mais n’échappent pas aux réalités sociales qui touchent l’ensemble des salariés. Au contraire, les tensions qui traversent la société se manifestent en particulier auprès des services publics locaux qui jouent un rôle d’amortisseur des difficultés pour de nombreux usagers.  

Par contre-coup, les agents territoriaux, que l’on aurait pu croire protégés, sont également exposés au stress, aux surcharges de travail et aux tensions dans le travail. Les employeurs doivent être attentifs à ces difficultés, connues sous le terme “ risques psycho-sociaux ”, qui peuvent dégrader les conditions d’exercice du service public et avoir des conséquences sur la santé des agents. 

Pour agir, des dispositifs d’accompagnements individuels peuvent être mis en œuvre

Mais pour une action plus efficace et durable, il est fortement recommandé : 

  • de s’interroger plus globalement sur les différents facteurs de risques en mettant en place un plan de prévention des RPS. 
  • de développer une démarche de Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) qui permettra d’intégrer systématiquement les enjeux de qualité de vie au travail dans l’ensemble des décisions d’organisation de la collectivité. 

Nous vous détaillons dans cette page les actions à mettre en place. 

Faire appel à des dispositifs d’accompagnements individuels

Plusieurs accompagnements individuels peuvent être mis en place pour venir en soutien aux personnes en souffrance 

Le CDG 35 propose la mission d’accompagnement psycho-social (MAPS) dans laquelle interviennent des psychologues du travail et une assistante sociale du travail. Ce dispositif peut être sollicité en cas de difficultés professionnelles, personnelles ou sociales d’un agent. Pour en bénéficier, chaque agent peut prendre contact directement avec le CDG 35.   

Certains contrats d’assurance statutaire proposent des programmes de soutien psychologique ou d’appui social. C’est notamment le cas du contrat groupe d’assurance statutaire du CDG 35. Si vous souscrivez à un autre contrat, renseignez-vous auprès de votre assureur. 

Plusieurs dispositifs permettent d’accompagner les agents dans leurs parcours professionnels (nouveau projet professionnel, reconversion professionnelles, inaptitude physique, difficulté professionnelles…).  

Les dispositifs suivants s’adressent à tous les agents (fonctionnaires et contractuels) et sont proposés par les équipes du CDG 35 : 

Mettre en place un plan d’action et de prévention des RPS 

Collectivement et dans le cadre de l’analyse des risques professionnels, l’employeur doit analyser les six facteurs de risques psychosociaux (voir plus haut) et mettre en place un plan d’action pour les prévenir. 

Le CDG 35 peut accompagner les collectivités dans l’élaboration des DUERP, en prenant en compte les deux composantes de risques : risques physiques et risques psycho-sociaux.  

Le rôle du médecin du travail dans la prévention des RPS 

Le médecin du travail peut participer à la démarche de prévention des RPS en informant, en conseillant les employeurs territoriaux sur l’évaluation des risques ou encore en alertant sur des situations à risques. 

Passer de la prévention des RPS à une démarche QVCT plus globale 

La Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) est une démarche structurante qui dépasse le cadre d’un plan d’action de prévention des risques psychosociaux (RPS). Elle s’inscrit dans une logique d’amélioration continue et vise à intégrer systématiquement les enjeux de qualité de vie au travail dans l’ensemble des décisions d’organisation de la collectivité. 

Cela ne signifie pas que la prévention des RPS est mise de côté : bien au contraire, elle en constitue un volet important, mais replacé dans une approche plus large, partagée entre les différents acteurs de la collectivité et non uniquement portée par les services de prévention. 

La QVCT s’intéresse aux conditions concrètes dans lesquelles les agents exercent leur mission au quotidien. Elle privilégie les leviers d’action autour de l’organisation du travail, en valorisant la participation active des agents. Cette participation est particulièrement essentielle lors des projets de transformation ou d’adaptation des services, qui peuvent devenir des moments privilégiés d’expérimentation et d’évaluation collective. 

Si des actions complémentaires peuvent concerner l’aménagement de lieux de convivialité, la conciergerie ou d’autres dispositifs de soutien à la vie au travail, l’ambition de la QVCT est d’abord de renforcer le sens, l’efficacité et la soutenabilité du travail dans la durée. 

Enfin, une démarche QVCT repose sur un dialogue social régulier et constructif, condition indispensable pour coconstruire des réponses adaptées aux réalités des agents et aux enjeux de service public. 

Le CDG vous accompagne

En combinant les expertises (psychologue, assistante sociale, conseiller en prévention, coach, conseiller en formation et parcours professionnels, conseil en organisation…), les équipes du CDG 35 peuvent vous accompagner dans la prévention des RPS et l’accompagnement des agents en difficultés

Contacts

Pour vous faire accompagner sur l’analyse des RPS, ou mettre en place une démarche QVCT.

Pour mettre en place un dispositif d’accompagnement professionnel.