Prévenir l’inaptitude et l’usure au travail

Au cours de sa carrière, un agent peut rencontrer des difficultés à exercer son métier (problème de santé, usure professionnelle…). Comment repérer au plus tôt et prévenir les risques d’inaptitude au travail ? Les équipes du CDG proposent des dispositifs qui, combinés ou non, peuvent accompagner l’employeur et son agent dans la définition d’un projet professionnel adapté.

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Maintenir dans l’emploi

Le maintien dans l’emploi concerne toute situation d’inaptitude mais aussi de risque d’inaptitude susceptible de constituer une menace pour l’emploi. La démarche consiste à adapter le poste de travail, voire à rechercher un autre poste en interne ou en externe. 

L’objectif du maintien dans l’emploi est double : 

  1. Pour l’agent, il s’agit de conserver une dynamique professionnelle. 
  2. Pour l’employeur, il s’agit de conserver l’expertise et de valoriser l’expérience professionnelle de son agent, afin d’assurer la continuité et la qualité des services apportés aux usagers. 

Plus l’employeur prend en compte rapidement la situation, plus les chances de réussite du maintien dans l’emploi sont élevées. La prévention des risques d’inaptitude et de l’usure au travail est donc un point essentiel. 

Repérer les agents avec un risque d’inaptitude

Les agents présentant un risque d’inaptitude sont souvent : 

  • Des agents qui présentent des signes d’usure professionnelle sur leur poste de travail, avec un risque d’inaptitude à plus ou moins long terme ; 
  • Des agents ayant eu plusieurs arrêts pour une même pathologie ou étant en arrêt depuis une période assez longue ;  
  • Des agents travaillant sur des métiers à risque (Auxiliaire de soins, ATSEM, agent d’entretien, agent technique…) ; 
  • Des agents dans l’incapacité de reprendre leur poste suite à un Congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS)

Il convient de repérer ces situations à risques, écouter et surveiller les agents dans le besoin, les accompagner dès que nécessaire.  

La médecine du travail est l’outil clef pour surveiller l’état de santé des agents, tandis que la Mission d’Accompagnement Psycho-Social (MAPS) permet aux agents de demander de l’aide et du soutien auprès de professionnels face aux difficultés (professionnelles mais aussi personnelles) qu’ils rencontrent. 

Toute collectivité ou établissement public a l’obligation de disposer ou d’adhérer à un service de médecine du travail. Celui-ci a pour mission d’éviter toute altération de l’état de santé des agents en raison de leur travail.  

La surveillance médicale des agents est ainsi assurée dès leur recrutement et tout au long de leur carrière (visite médicale au moment du recrutement, visite ponctuelle à la demande de l’employeur ou de l’agent, visite de prévention, visite de reprise après un arrêt long…). 

La MAPS est un dispositif proposé par le CDG 35, qui s’adresse aux agents connaissant des difficultés professionnelles, personnelles ou sociales.  

Les agents en difficulté professionnelle peuvent solliciter l’assistante sociale ou les psychologues du travail et y trouver un accompagnement, une écoute et du conseil.  

Les employeurs ou les médecins du travail peuvent également orienter l’agent vers les psychologues du travail ou l’assistante sociale des situations individuelles, mais l’intervention ne se fait que sur une démarche volontaire de l’agent. 

Les acteurs susceptibles de signaler les difficultés d’une personne à occuper son poste de travail sont donc nombreux : l’agent lui-même, l’employeur, les assistants de prévention, le médecin du travail, les infirmiers de santé au travail, le psychologue du travail…  

C’est ensuite le dialogue entre l’agent, l’employeur et les professionnels habilités qui permet de construire sereinement et durablement le projet professionnel tenant compte des difficultés rencontrées dans le travail. 

Se faire accompagner par l’Equipe Pluridisciplinaire de Maintien en Emploi (EPME) 

Pour les agents qui ne sont pas concernés par une inaptitude déclarée – mais dont leur situation engendre des difficultés au travail – l’Equipe Pluridisciplinaire de Maintien en Emploi (EPME) du CDG peut les aider à définir un nouveau cadre de travail ou un nouveau projet professionnel, adaptés à leurs besoins.  

Cet accompagnement permet d’aborder chaque situation au cas par cas, à travers les différents aspects de santé, d’aménagement de poste, de projet, de mobilité, de réglementation, d’approche psychosociale

Selon la situation de l’agent et les besoins identifiés, l’équipe EPME élabore une proposition de parcours de prévention qui est présentée à l’employeur et à l’agent. Si l’ensemble des parties valide le parcours proposé, celui-ci peut commencer. 

  • Pour les agents qui peinent à engager une réflexion sur leur projet professionnel, des outils peuvent être proposés comme la MAPS. 
  • Pour les agents déjà prêts à se projeter, peuvent être proposés des outils qui permettront d’identifier plusieurs hypothèses d’évolution professionnelle (conseil en évolution professionnelle (CEP), bilan professionnel, bilan de compétence, enquêtes métiers…). 
  • Pour les agents avec un projet déjà identifié, peuvent être proposés des outils qui permettront de valider le projet professionnel (immersion professionnelle, tests…). 
  • Pour les agents avec un projet déjà validé, peuvent être proposés des outils qui permettront de le mettre en oeuvre (formations, aide à la recherche d’emploi…). 

Comment intégrer le dispositif EPME ?

Pour intégrer l’EPME, un agent ou un employeur doit prendre contact avec la Mission d’Accompagnement Psycho-Social (MAPS). Un rendez-vous sera fixé, qui permettra d’analyser la situation de l’agent et de s’assurer de son adhésion pour pouvoir en parler avec l’équipe pluridisciplinaire et engager la démarche. 

Découvrez en vidéo la présentation du dispositif EPME, par Laurence Ancel, Conseillère reclassement et handicap au CDG, et Birgit Getzlaff, Psychologue du travail.  

Mobiliser, selon le besoin, un ou plusieurs outils d’accompagnement

Plusieurs outils peuvent être mobilisés par l’employeur et l’agent, à la demande et sans nécessairement passer par l’EPME. 

L’aménagement de poste est la première solution à rechercher dans une situation de maintien dans l’emploi. La demande d’étude de poste peut être faite par le médecin du travail ou par la collectivité. Après quoi une intervention sur site permet de formuler des préconisations d’ordre technique, humain et organisationnel en vue de l’aménagement de poste. 

Les études et certains aménagements de poste peuvent bénéficier des aides du Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP). Voici quelques exemples : 

Tout agent public peut bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans l’élaboration d’un projet professionnel. Dans ce cadre, le conseil en évolution professionnelle (CEP) est un dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé proposé à tout agent souhaitant faire le point sur sa situation professionnelle. Il est tout à fait pertinent de mobiliser cet outil dans une situation de maintien dans l’emploi ou de mobilité subie. 

Dans le cadre du CEP, le bilan parcours professionnel collectif est constitué d’une alternance de séances collectives et de rendez-vous individuels, pour accompagner l’agent vers une reconversion professionnelle. L’employeur est associé au projet professionnel envisagé. 

Le bilan professionnel est un outil qui permet à l’agent de définir un nouveau projet professionnel compatible avec ses restrictions de santé. Cet accompagnement est réalisé en étroite collaboration avec l’employeur. 

Le conseil en mobilité permet de préparer et d’accompagner les agents dans leur mobilité professionnelle. 

Le coaching individuel permet aux agents de trouver des solutions aux problèmes rencontrés ou des leviers au développement de leurs projets. L’objectif est de faciliter un processus de changement, en partant d’une difficulté rencontrée ou d’un projet à venir. Il peut être intéressant de mobiliser cet outil dans le cadre d’une reprise de poste après un arrêt long ou encore d’une mobilité subie.

Repérer les situations à risque et anticiper les besoins avec la GPEEC

La Gestion Prévisionnelle des Emplois, des Effectifs et des Compétences (GPEEC) (lien vers page La GPEEC), qui vise un meilleur ajustement des besoins de la collectivité ou de l’établissement public et des ressources disponibles, doit permettre : 

  • D’anticiper l’évolutions des métiers et des ressources ; 
  • Et, en conséquence, d’accompagner les agents et développer leurs compétences. 

En identifiant les risques potentiels (exposition au bruit, au stress ; gestes répétitifs…) pour chacun des postes, en se dotant d’indicateurs d’alerte (absentéisme, nombre d’accidents du travail, de maladies professionnelles, ou d’arrêts maladie ; pyramide des âges ; etc.) et en croisant les données, il est possible de déceler des situations en amont mais aussi de dégager une cartographie des métiers pouvant présenter un risque d’usure professionnelle. Autant d’informations qui permettent de définir une politique RH et des plans d’actions adaptés. 

Le CDG vous accompagne

Les experts du CDG 35 (médecins du travail, conseillers en prévention, assistantes sociales, psychologues du travail, conseillers emplois, ergonome…) peuvent conseiller et accompagner : 

  • Les employeurs, dans la prévention des inaptitudes et l’accompagnement de leurs agents 
  • Les agents, dans l’aménagement de leurs postes et la définition de leurs projets professionnels. 

Contact et ressources utiles

Pour engager vos démarches, vous pouvez prendre contact avec notre conseillère Reclassement et Handicap qui saura répondre à vos questions et vous orienter vers le dispositif correspondant à vos besoins. 

L’outil Mobilités du CDG 31 propose, à partir d’un métier donné, de repérer les possibilités d’évolution de carrière et de mobilité professionnelle, en identifiant des parcours de formation et en repérant les éventuels facteurs d’usure professionnelle sur chacun des métiers potentiellement accessibles.